La nouvelle scène rock irlandaise.

Quand on parle de rock irlandais on pense instantanément à U2 et ses hymnes lyriques pour stades extatiques ou aux éructations folk-punk des Pogues de Sean McGowann  mais le rock en Irlande est une tradition au moins aussi ancrée dans les mœurs que la pinte de Guinness de 18h !

Car des Stiff Little Fingers à The Undertones, des Boomtown Rats aux Virgin Prunes jusqu'à My Bloody Valentine ou Cranberries, la verte Eirinn est une véritable pépinière.

Qu'en est-il aujourd'hui me direz-vous ? Et bien figurez-vous que l'on assiste au retour des années « No Future » avec l'explosion d'une dizaine de groupes post-punks excellents.

Que pouvons nous extraire de ce creuset ?

Tout d’abord, les plus anciens :

« Girls Names », trio mixte de Belfast, formé en 2009. Ils proposent un post-punk sombre presque gothique chanté par la belle voix basse de Cathal Cully. A leur crédit, 4 albums de qualité équivalente dont le dernier « Stains on silence » sorti fin 2018 dont voici une illustration sonore très « Curesque » :

« Girl Band » : Les jeunes Dublinois ont deux albums au compteur et sont en activité depuis 2011. Emmenés par Dara Kiely, chanteur à la santé mentale fragile, le groupe lutte avec ses démons en une catharsis musicale que ne renierait pas un certain Ian Curtis :

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« Fontains DC » : Les plus jeunes et également les plus connus en France depuis la sortie de leur premier album « Dogrel .  Même si la musique est ici plus convenue et académique, le ton est sarcastique et grinçant, ici on ne mâche pas ses mots, on s’engage politiquement.

Les « Fontains » sont tout autant post-punk mais surtout plus accessibles que leurs condisciples car ils mâtinent légèrement leurs compositions de garage pop 60’s à la manière des « Them » de Van Morrison comme ici avec leur single « Boys in the better land » :

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The Murder Capital : La déflagration “Fontains DC” a secoué le début d’année 2019 et The Murder Capital a fait de même cet automne.  Très classique dans sa façon d’aborder le post-punk,  les Dublinois font immédiatement penser à Joy Division, ce qui pourra rapidement être une limite à l’avenir. En attendant, leur premier album, le très tourmenté « When I have fears » est une des pépites 2019 :

 

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The Altered Hours : Un petit dernier pour la route, parrainés par Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre) et héritiers désignés de My Bloody Valentine, les Altered Hours proposent une musique moins sombre mais tout aussi torturée, entre shoegaze et noisy pop psychédélique. La France était un peu passée à côté de ce quintette de Cork, nous les avons un redécouvert en première partie de Fontains DC. Leur second album « In Heat no sorry » vaut largement le détour.