Paru en 1926, "Personne ne gagne" est l'autobiographie de Thomas Gallaghan alias Jack Black.

A la fin de sa vie, une fois son baluchon raccroché, avec beaucoup d'humour et d'ironie, il nous raconte l'histoire d'un petit vaurien fuguant de chez son père à l'âge de 15 ans.

Le jeune Thomas est alors en pleine révolte adolescente, il refuse le conformisme d'une vie superficielle, molle et rangée. Il décide de vivre dans la marge. Il fait son apprentissage de vagabond au hasard des rencontres, entrant dans la confrérie des "hobos", peuple miséreux mais fier, nomades des routes et chemins de fers du début du 20ème siècle américain.

Cambrioleur, braqueur de coffre, escroc de haut vol, flambeur, loser, il alternera périodes de veine euphorique et séjours en prison de plus en plus durs. Héros au grand cœur, loyal et au code d'honneur irréprochable, Black ira au bout de son idéal, jusqu'à se fracasser sur la réalité du monde carcéral contre lequel il passera le reste de sa vie à lutter.

Touchés, nous le sommes par sa capacité à décrire un monde disparu et ses personnages hors normes ; ce moment où les Etats-Unis basculent du 19ème siècle à l'imagerie très "Far West" sauvage et poétique au 20ème siècle industriel et sécuritaire.

Précurseur des écrivains de la « Beat Generation » qui lui doivent beaucoup, « Personne ne gagne » est à mettre dans les mains de tous ceux et celles qui ont été fascinés par la lecture des Burroughs, Kerouac, Fante, Bukowski.

D’évidence palpite dans ce livre le cœur de l’Amérique, celle qui fait rêver, celle de « La Frontière ». Il est fait pour tous les grands enfants qui ont rêvé en lisant Fenimore Cooper, Jack London, James Oliver Curwood, Mark Twain.

"Personne ne gagne" est enfin un hymne à la liberté, la vraie, celle qui se paie cher et ce livre est une grande œuvre parce qu'il parvient l'espace d'une lecture à nous en procurer un peu, de cette respiration que nous apportent les grand romans américains.

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